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France : le Sénat alerte sur le retard des armées françaises dans les drones et l’IA

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le Sénat français, le 6 mars 2023. ©AFP/Illustration

Un rapport adopté à l’unanimité par le Sénat estime que les armées françaises accusent un retard important dans les domaines des drones et de l’intelligence artificielle. Les rapporteurs jugent les moyens disponibles insuffisants et appellent à un sursaut stratégique afin d’adapter le modèle militaire français aux évolutions des conflits modernes.

Le 7 juillet 2026, la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat a adopté à l’unanimité un rapport intitulé « La guerre des drones : l’urgence d’un sursaut stratégique français ». Ses auteurs, Ronan Le Gleut, Hélène Conway-Mouret et Étienne Blanc, dressent un constat sévère : « La France n’est pas prête à la guerre des robots. »

Les trois sénateurs demandent que les drones, la robotisation et l’intelligence artificielle deviennent des priorités du modèle militaire français.

Le décalage apparaît d’abord dans les volumes. D’après les estimations reprises dans le rapport, les forces ukrainiennes utiliseraient près de 15 000 drones par jour, tandis que les armées françaises n’en disposent que de quelques milliers, un niveau véritablement critique.

À cette faiblesse quantitative s’ajoute la rapidité des évolutions technologiques. Environ six semaines suffiraient désormais pour qu’une innovation soit suivie d’une contre-mesure adverse. Le rapport relève aussi des lacunes dans les drones tactiques, les munitions téléopérées, l’appui en profondeur et la lutte anti-drones.

Fin 2024, les armées françaises ne disposaient que de 31 systèmes de lutte anti-drones, 150 fusils brouilleurs, trois systèmes navals spécialisés et huit systèmes sol-air SAMP-T. Les moyens mobiles restent particulièrement limités, tandis que les véhicules Serval destinés à cette mission ne sont attendus qu’à partir de 2027.

Le retard concerne aussi les financements. Moins de 2 % des crédits militaires sont consacrés aux drones. La loi de programmation militaire prévoyait initialement 5 milliards d’euros, soit 1,25 % des crédits, avant qu’une actualisation ne porte l’enveloppe à 8,4 milliards, soit 1,92 %.

L’exécution reste lente : seuls 28 % des crédits prévus entre 2024 et 2026 ont été consommés. Près de 90 % des sommes vont par ailleurs à quelques grands programmes, au détriment de systèmes plus simples, moins coûteux et produits en grande quantité.

Le même déséquilibre apparaît dans le dispositif européen SAFE. Sur les 15,1 milliards d’euros obtenus par la France, seuls 490 millions doivent aller aux drones, sans crédit spécifique pour la lutte anti-drones ou l’intelligence artificielle.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV